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Homelie du Père Patrick Gaso

le 24/06/2010 - jeudi 12 du Temps Ordinaire - année paire

Homélie du jeudi 24 juin 2010, solennité de la nativité de saint Jean-Baptiste, année C

Messe célébrée à Villard-de-Lans, par le Père Patrick Gaso. 

Évangile selon saint Luc 1, 57-66. 80. Livre d’Isaïe 49, 1-6. Psaume 138.

Livre des Actes des Apôtres 13, 22-26.

 

Passées la joie de l’accouchement, de la venue au monde d’un petit d’homme, les parents, perplexes, se posent souvent cette question en se penchant sur le berceau : « Que va-t-il, ou que

va-t-elle devenir ? Qui sera-t-il plus tard ? Qui sera-t-elle plus tard ? »

Nous pressentons comme une attente, un devenir, une espérance !

Dans le contexte biblique d’aujourd’hui, cette question n’est pas sans importance : “Que va donc devenir cet enfant ? “ Littéralement, étant données les circonstances extraordinaires qui ont accompagné la naissance de Jean : quel est le plan que Dieu a sur lui ?

De fait, pour en souligner l’importance, l’Église déclare ce jour comme solennité. Sans doute savez-vous que seulement trois naissances sont célébrées dans tout le cycle liturgique : la première, bien évidemment, est la naissance de Jésus, le fils de Dieu, puis nous fêtons celle de sa maman, Marie ; Enfin, la troisième est celle de Jean, celui qui va s’appeler plus tard le Baptiseur, le Baptiste.

Mais pour les autres saints, que fêtons-nous? Pour eux, nous retenons uniquement le jour de leur naissance à la vie définitive. À chaque fois que nous fêtons un saint, nous fêtons son “Dies natalis“, son entrée au ciel, c’est-à-dire le jour de sa mort, pour autant que nous connaissions la date de son décès. C’est donc bien le passage de ce monde à la Vie éternelle, que nous marquons lors de la fête des saints ! Pour Jean le Baptiste, nous faisons mémoire de sa naissance dans ce monde. Il faut bien comprendre que cette naissance est capitale car elle marque une séparation entre le Premier et le Nouveau Testament ; Rappelez-vous la rencontre de Marie et d’Élisabeth, alors qu’Élisabeth en est à son sixième mois ! Nous voyons en quelque sorte le Nouveau Testament et le Premier Testament qui se rejoignent : l’une est toute ridée par la vieillesse, l’autre, toute fraiche et sans ride, préfigurant l’Église à venir !

·      Le point central de l’histoire s’est déplacé !

·      L’attente du peuple pour le Messie s’est réalisée là, à ce moment !

·      Le Royaume de Dieu est à portée de mains !

La mission de Jean sera de proclamer la venue du Messie, d’annoncer cette présence immédiate, concrète de Jésus en notre vie : Dieu fait homme afin que l’homme puisse devenir comme Dieu !

Oui ! Au moment où Zacharie écrit sur sa tablette “son nom est Jean“, oui : “Dieu fait grâce“ ! C’est bien la signification hébraïque de “Yohanan“ : Jean. Plus encore : Dieu fait grâce encore aujourd’hui à tout homme !

Jésus rendra ce témoignage à Jean : “Parmi les enfants des femmes, il n’en est pas un de plus grand que Jean-Baptiste.“ Jean-Baptiste baptisera Jésus et guidera vers Lui ses meilleurs disciples, en tout cas, ses meilleurs chercheurs de Dieu. Lui s’effacera pour Lui laisser toute la place !

Jean était prophète, il était plus que prophète ! Envoyé par Dieu pour préparer la route à son Fils parmi les hommes, non seulement, il a pu annoncer la venue du Messie, mais en montrant Jésus à ses contemporains, il a pu proclamer : “Voici l’Agneau de Dieu, Celui qui enlève le péché du monde ! » Jean l’évangéliste le dit lui-même dans son prologue en parlant de Jean le Baptiste : “Il n’était pas la lumière, mais le témoin de la lumière. Le Verbe était la lumière véritable… Jean lui rend témoignage.“ Dieu lui a demandé de témoigner du Christ : lumière par toute sa vie et par toute sa mort ! Il lui suffisait d’être tout simplement le “relais“ de la lumière, un premier reflet d’une lampe à venir ! C’est bien ainsi que Jésus comprenait la mission de Jean : “Jean…“ dit-il, “… fut la lampe qu’on allume et qui brille. Vous avez bien voulu vous réjouir, pour un moment, à sa lumière.“

Comment découvrir encore, Jean ?

Il est aussi la grandeur d’âme qui a vécu sa mission, complètement, animé d’une fougue naturelle et de toute sa liberté de pensées et de paroles, en s’effaçant totalement et progressivement devant Jésus, son messager, son Maître et Créateur. Laissons tout simplement parler la Bible qui désigne qui est Jean ; “Il vient après moi…“ disait Jean en parlant de Jésus, “… mais il existait avant moi. Il vient après moi, lui qui est plus puissant que moi ; Celui auquel vous pensez, ce n’est pas moi ; Moi, je vous baptise uniquement dans l’eau pour une conversion du cœur. Lui vous plongera dans l’Esprit Saint !“ Toujours pour laisser toute sa place à Jésus, Jean ajoute encore : “Il faut qu’Il grandisse et que moi, je diminue.“

Souvenons-nous aussi de la joie de Jean quand il dit : “Celui qui a l’épouse est l’Époux ; Quant à l’ami de l’Époux, il se tient là, il écoute. La voix de l’Époux le comble de joie ! Telle est ma joie : elle est parfaite ! “

Qu’apprenons-nous de Jean aujourd’hui ?

·      Nous sommes appelés à vivre notre mission et à construire un monde meilleur, une paroisse meilleure, non pas parce qu’elle serait la plus belle, mais tout simplement parce que nous y laissons toute sa place au Christ !

·      Nous apprenons aussi qu’à chacun Dieu fait grâce et qu’il nous donne de réfléchir à nouveau, au sens de notre mission personnelle et aussi, et peut-être surtout, la joie à laquelle nous sommes tous appelés !

 

Voilà ce que nous recevons aujourd’hui !

Puissions-nous en rendre grâce et laisser, nous aussi, toute la place au Christ !

 

AINSI SOIT-IL !

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