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"Notre coeur ne bržlait-il pas en nous tandis qu'il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures" (Lc 24,32)
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Homelie du Père Patrick Gaso
le 13/06/2010 - 11 dimanche du Temps Ordinaire - année C| Homélie du dimanche 13 juin 2010, 11e dimanche du temps ordinaire, année C. Messe célébrée à Villard-de-Lans, par le Père Patrick Gaso. Évangile selon saint Luc 7, 36 à 8, 3. Second livre de Samuel 12, 7-10. 13. Psaume 31. Lettre de saint Paul aux Galates 2, 16. 19-21.
Ne trouvez-vous pas cette page d’évangile, truculente ? Bien souvent, l’évangile de Luc, comme le texte que nous venons de lire aujourd’hui, montre une scène particulièrement vivante, nous rendant presque “participants“ et contemporains de l’épisode décrit. En faisant un peu abstraction des autres invités, trois personnes sont proposées à notre méditation, ce soir. Plus exactement, ce sont trois regards, trois attitudes qui nous bousculent et nous interrogent. Tout commence par une curieuse invitation, celle d’un homme qui est pharisien, nous dit l’évangile : c’est donc quelqu’un de bien et, si vous me permettez l’analogie, je dirai que c’est “quelqu’un qui nous ressemble“. C’est quelqu’un qui va sans doute à la “synagogue“ ou à “l’église“ régulièrement et qui fait de belles actions, bref : “quelqu’un de bien !“ Il a convié Jésus à son repas ; C’est sympathique ! Sans doute… Mais il n’a pas été au bout de la convivialité si chère en Orient. En quelque sorte, il a évité de trop se compromettre ! Jésus a bien perçu la nuance : pas d’eau sur les pieds, pas de parfum ni d’embrassades ! L’accueil est correct, sans plus ! Puis une femme survient ; Si nous nous référons aux usages de ce temps-là, sa façon de faire est incorrecte. Cependant, et contre toute attente, Jésus va louer son audace. Croyez-moi, il en fallait beaucoup pour entrer dans la maison de Simon, en bravant le mépris de tous les hommes et les femmes présents. Mais ce jour-là, la galiléenne était prête à tous les risques ; En entrant, elle n’a de regards que pour Jésus. Elle n’ose même pas se mettre face à lui mais se tient derrière lui, à ses pieds. Elle regarde cet homme ! Jésus, lui qui guérit, lui qui pardonne ! Son amour de convertie lui donne la force et l’audace d’agir, comme si elle était seule, et de livrer sa vie au Christ… en une seule fois. Non seulement, elle donne son parfum et ses cheveux, c’est-à-dire tout ce qu’elle avait pour “se faire belle“ et plaire au monde, mais elle donne aussi ses larmes, c’est-à-dire sa misère sa détresse, sa lassitude de l’esclavage, son immense solitude dans le plaisir et, en même temps, elle donne son espérance, espérance d’être enfin comprise et accueillie pour le meilleur d’elle-même ! Elle ne se donne pas à moitié ; Elle se donne toute entière, avec ce qu’elle est dans son humanité de bien et de “triste“… Elle, qui selon le monde a perdu tout honneur et qui n’existe plus comme personne aux yeux de cette société, elle a pressenti, deviné, presque goûté par avance qu’elle pouvait encore donner quelque chose à Jésus ! Elle le donne maladroitement peut-être, mais elle le donne avec fougue et réserve à la fois. Elle n’a que faire des nuances et des convenances qu’elle a désapprise depuis longtemps… Venir pleurer sur les pieds de Jésus ! Les couvrir de baisers, y verser du parfum… Personne n’en aurait eu l’idée !!! Mais elle, la pécheresse, l’ancienne pécheresse, la pécheresse convertie, la pécheresse désireuse de changer sa vie et d’en sortir, par ce langage du corps, elle va réussir à dire au Christ à la fois son amour et son respect ! Je vous laisse imaginer la tête de Simon, celle des invités qui, apparemment, connaissent très bien cette femme ! La réponse de Jésus à Simon est toute droite, limpide : “Si ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour.“ Elle a montré beaucoup d’amour ! Toute démarche d’amour, même dans une grande pauvreté, un amour humble de notre part, appelle à une parole libératrice de Jésus. Combien de fois entendons-nous : “ Tes péchés sont remis.“ Ce n’est pas une parole “en l’air“, mais des mots audibles, par l’intermédiaire du prêtre : “ Tes péchés sont remis.“ Toute l’expérience que nous pouvons avoir du pardon de Jésus rend notre amour pour Lui plus intense, plus direct, plus audacieux, plus fou ! Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous avons à retenir ces trois regards, ces trois attitudes, ces trois attentes : - Le regard de cette femme qui, par sa foi, attend tout, demande tout ! - Le regard de cet “homme qui sait“, qui connaît bien la Thora, qui connaît bien la Parole de Dieu, mais qui reste dans une posture de refus, presque de colère… - Surtout, le regard de Jésus, un regard qui accueille, un regard de miséricorde pour celui ou celle qui a l’audace de venir vers Lui. C’est bien ce que nous expérimentons dans toutes nos démarches de conversion et particulièrement dans le sacrement où nous fêtons le pardon du Christ, où nous recevons sa miséricorde de façon audible, réelle, sacramentelle ! Quelque soient nos péchés, quelque soient nos faiblesses, nous comprenons que nous devons faire nôtre la prière des Apôtres : « Seigneur, augmente en nous la Foi ! » C’est ce que nous avons entendu dans la deuxième lecture. Ce n’est pas la Loi qui nous permettra d’être proches de Dieu ! C’est l’amour de Dieu, c’est “être en Dieu lui-même“ qui nous permettra de vivre avec Lui, d’être sauvés ! Du coup, oser dire, et cela quelque soit notre âge, que l’on soit tout jeune ou que l’on ait quelques dizaines d’années : « Jésus, j’ai besoin d’être sauvé ! Sans Toi, je meurs ! Sans Toi, je n’ai pas d’avenir ! »
Demain, lors de la profession de foi, les enfants diront : « Je crois », et, à leur suite, nous proclamerons : « Nous croyons ! ». Puissions-nous entendre cette page d’évangile, et repartir non seulement peut-être un peu “secoués“… mais sûrs de l’amour de Dieu pour chacun de nous !
AINSI SOIT-IL ! |
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