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"Notre coeur ne bržlait-il pas en nous tandis qu'il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures" (Lc 24,32)
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Homelie du Père Patrick Gaso
le 11/06/2010 - vendredi 10 du Temps Ordinaire - année paire| Homélie du vendredi 11 juin 2010, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, année paire. Messe célébrée à Villard-de-Lans par le Père Patrick Gaso. Évangile selon saint Luc 15, 3-7. Livre d’Ézékiel 34, 11-16. Psaume 22. Lettre de saint Paul aux Romains 5, 5b-11.
Dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, le cœur fait “battre“ un lieu précis : lieu des affections, lieu d’une vitalité. Symboliquement, le cœur exprime aussi la tendresse, la miséricorde, l’amour. Dans notre langage courant, le “cœur“ est souvent cité : avoir un “coup de cœur“ pour quelqu’un ou quelque chose ! À l’inverse, on peut avoir le “cœur déchiré“ lorsqu’un amour se voit déçu. Aussi, la fête du Sacré-Cœur veut-elle nous ramener à l’essentiel, au cœur du don, au cœur de notre foi. Il y a peu de temps, Jean-Paul II disait que le monde doit redécouvrir que le christianisme est la religion de l’amour et du don ! Mais ne nous trompons pas ! Ne faisons pas cette erreur si fréquente : comme pour la vie, nous ne sommes pas à l’origine de l’Amour ! Si nous pouvons aimer Dieu et notre prochain, c’est uniquement parce que Dieu nous a aimé le premier, parce qu’il nous a donné un cœur pour aimer, et que nous puisons dans son cœur pour aimer à notre tour. Dans l’évangile, souvent Jésus nous le rappelle. Si nous voulons vraiment être ses disciples, si nous décidons de le suivre, nous devons en prendre les moyens, et, paradoxalement, nous “mettre en peine“… Pourquoi ? L’amour ne semble pas aller de soi, il n’est pas si aisé d’aimer ! Aujourd’hui, Dieu nous montre quel prix il est prêt à “payer“ pour nous garder dans son amitié et comment, lui Jésus, conçoit son rôle de Sauveur. Un des exemples qui nous est donné dans le texte de ce jour est en lien étroit avec notre communauté paroissiale, en lien étroit avec nos familles : c’est l’histoire d’une brebis qui semble ne pas se trouver très à l’aise avec les autres ; Plus exactement, elle n’est pas satisfaite de ce que “broute“ ses compagnes ; Comme elle cherche son bonheur, insensiblement, elle s’éloigne du groupe, du troupeau… elle suit son idée… elle rejoint son désir … et, de fait, ne se préoccupe pas tant de ce que vivent les autres ! Cette brebis semble avoir de grandes aspirations… Que dire quand nous sommes confrontés à cela ? Certains vont répondre en disant : « Tans pis pour elle ! Elle est libre ! Qu’elle aille où elle veut. C’est son problème, vous le savez bien ! Et puis, nous l’avons déjà suffisamment prévenue… » Ces mots impliqueraient de voir les événements à la manière humaine. La difficulté, c’est que le Christ, notre Seigneur, notre Pasteur, lui, résonne différemment. Que dit-il ? « Si elle est seule, c’est qu’elle souffre ! Si elle va loin, c’est qu’elle est désespérée ! Je dois aller la chercher ! » Sa brebis, cette brebis, vous l’avez reconnue ! Elle a notre visage, elle a notre histoire… · Plus elle est perdue, plus elle manque au Christ ! · Plus elle est isolée, plus il va la chercher comme l’unique ! Là, nous entendons ceux qui n’ont rien compris au cœur du Christ, au cœur de Dieu ! Ils commencent à crier au scandale : « Pourquoi “Diable“, prendre de la peine pour cette brebis. C’est son histoire : elle est folle, laissons-là aller ! D’ailleurs, elle nous empêche de vivre et elle n’en fait qu’à sa tête ! À quoi bon ! » C’est ainsi que les pharisiens, les “intelligents“, les “raisonneurs“ récriminaient déjà contre Jésus. Que disaient-ils ? « Cet individu fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux… » Oui, vraiment, telle est la logique d’amour de Dieu ! Nous voyons bien la distance qui nous sépare de cette logique ! Nous sommes ses invités… Oui, nous ! Nous les indignes, nous (désolé de le dire d’une façon peut-être un peu brutale) nous, les ingrats ! N’avons-nous pas perçu à quel moment Jésus nous portait sur ses épaules ? N’avons-nous pas mesuré toutes les distances que Jésus a franchies pour venir jusqu’à moi alors que je n’avais pas fait le moindre pas vers Lui ? Ai-je pris conscience de tous les éloignements dont je suis la cause et de tous les rapprochements d’amour de Dieu vers moi ? C’est toute l’église, toute la communauté croyante qui est conviée à la joie de Jésus lorsqu’il vient nous prendre sur ses épaules, nous ramène au bercail de l’amour et dit : “ Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !“ Celle qui n’espérait plus en moi, ni dans les autres, et encore moins en elle-même, la voici ! Elle est revenue ! Comme vous le savez, je vous l’ai dit plusieurs fois, j’ai fait une partie de mon séminaire à Paray-le-Monial et, sur le mur de la petite chapelle des Apparitions, à l’entrée, il est écrit : « Ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui ne reçoit qu’ingratitude. » Ce Cœur qui a tant aimé les hommes jusqu’à tout donner et qui reçoit tant d’ingratitude ! En disant cela, Jésus ne fait pas de reproche, mais il nous invite à aimer, à nous laisser aimer ! Ce cœur brûlant d’amour que Jésus présente à sainte Marguerite-Marie est le symbole de cet amour trinitaire qui ne demande qu’à se répandre en mille feux dans nos cœurs, pour y consumer tout le bois mort de nos péchés et nous embraser à son Feu divin !
Telle est l’invitation que nous recevons ce soir, pas seulement nous, mais le monde entier !
Cœur de Jésus brûlant d’amour, Embrase-nous par ton Esprit, Que nos cœurs soient semblables au tien, Que nous brûlions de charité !
AINSI SOIT-IL !
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